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Les émotions

Il y a un temps pas si lointain, je pensais que les émotions étaient mes ennemies. J’ai, en effet, appris qu’il fallait être forte et ne pas pleurer, qu’avoir peur c’était être une chochotte, que grandir c’était arrêter d’être dans la joie et que je devais ravaler ma colère. J’ai obtenu un Bac+12 en gestion apparente des émotions. Résultat : j’ai expérimenté une déconnexion totale à moi, une suradaptation aux autres, un déni de mon ressenti et du sur place dans ma vie. Youhou !

Pourquoi les émotions ont parfois une mauvaise image ?

1.Techniques de survie

De quoi se coupe-t’on lorsqu’on n’exprime pas ses émotions ou qu’on les réprime ? Il y a souvent des croyances derrière les émotions : la tristesse mène à la dépression, la colère mène à la folie, la joie est synonyme de superficialité, la peur est synonyme de lâcheté.

Être atteinte par ses émotions nous met en danger. Si l’on se mettait à exprimer nos émotions, on pourrait passer pour hystérique.  L’une des solutions pour se protéger de ce soi-disant danger est d’essayer de s’en couper. Ainsi, quand on me demandait il y a quelques années ‘que ressens-tu ?’, je pouvais répondre ‘rien’ avec un peu de fierté. Cependant, en me coupant de mes émotions, je me coupais de la vie en moi et je ne pouvais pas accueillir les émotions des autres. Comment faire quand je vois quelqu’un qui pleure quand cela est source de faiblesse pour moi (même s’il s’agit de mon propre enfant) ? 

2. L’insensibilité prônée par la société

Dans mon éducation, j’ai appris à me fier davantage à ma raison qu’à mes émotions.  Il y a encore une méconnaissance des émotions et de leur rôle dans la société, même si cela bouge petit à petit. Ainsi, la parentalité bienveillante prône l’accueil de l’émotion des enfants. Le mot caprice n’est plus à la mode. Si l’enfant exprime sa colère, c’est qu’il a un message à faire passer. On admet de mieux en mieux l’hypersensibilité d’un enfant ou d’un adulte. Mais se révéler hypersensible est encore difficile dans certains milieux professionnels ou dans certaines familles. La société nous pousse à nous couper de nos émotions pour réussir dans les études ou professionnellement et on demande aux enfants d’être stables émotionnellement quand on n’arrive pas à l’être en tant qu’adulte !

Pourtant, quelle joie de retrouver toute une palette d’émotions dans les représentations artistiques ! Les artistes nous touchent car ils savent parler avec leurs émotions et non parce qu’ils prononcent un texte sans faute de prononciation. L’émotion est une invitation à la magie, à la reconnexion à notre humanité et n’est pas forcément synonyme de perte de contrôle de soi. Exprimer ses émotions ne devrait pas être un talent réservé aux artistes. Nous pouvons chacun et chacune être les acteurs de notre vie. Je ne suis pas obligée de porter un masque pour me fondre dans une société qui ne me correspond pas.

« Nous appellerons émotion une chute brusque de la conscience dans le magique. »

Sartre

3. Les risques pris en taisant nos émotions

Nous avons peur de l’émotion car à force de l’avoir tu, quand elle s’exprime en nous, nous passons d’un extrême à l’autre : de l’indifférence au pétage de plomb. Bien sûr, les crises de colère font peur, mais en nous écoutant et en exprimant au fur et à mesure ce qui se passe en nous (par la communication non violente par exemple), cette crise n’arrivera que rarement, voire jamais. Tirer sur la corde jusqu’au burn-out ne nous donnera pas de médaille du mérite. 

Le danger, ce ne sont pas les émotions en elles-mêmes, mais ce qu’on en fait : 

  • les cacher : risque d’explosion. Les émotions sont des clignotants : on passe du vert au jaune puis du jaune au rouge. L’idée est de ne pas attendre d’être dans le rouge pour les traiter ;
  • les interpréter : risque d’erreur et de mauvais jugement ;
  • les utiliser contre quelqu’un : risque de manipulation ;
  • en rendre quelqu’un d’autre que moi responsable : risque de déresponsabilisation ;
  • s’attribuer la responsabilité de l’émotion des autres : risque de fausse culpabilité et de relation toxique ;
  • agir sous le coup de la colère : risque de faire n’importe quoi et de le regretter.

« Une vie sans émotions est une vie perdue. »

Roger Fournier

Pourquoi et comment se reconnecter à ses émotions ? 

1. Risque d’interprétation des émotions

Mes émotions parlent de moi (et que de moi). Quand on ne connaît pas bien les émotions, on peut avoir l’impression que les autres en sont responsables. Maurice me met en colère, mais en fait, si je suis en colère, c’est que mes limites ont été franchies et qu’il est de mon devoir de les reposer. Accueillir et analyser nos émotions nous permettent d’aller vers notre individualité, vers ce qui nous porte vraiment et donnera du goût à notre vie. C’est dommage d’essayer de les taire! L’avantage quand je sais qu’une émotion ne parle que de moi, c’est que j’arrête de prendre l’expression de l’émotion de l’autre personnellement. La colère de l’autre lui appartient et je n’ai pas à le ‘sauver’. J’évite ainsi une possible relation dysfonctionnelle. 

2. Comment se reconnecter à soi ? 

Quand on n’a pas eu l’habitude de s’écouter, une aide extérieure me semble nécessaire : sophrologue, thérapeute, kinésiologue, micro-kiné, Reiki…L’idée est de prendre un rendez-vous avec soi-même pour savoir ce qui se passe en soi, faire le vide pour accueillir ce qui vient et s’entraîner à s’écouter. 

Une fois que nous sentons une émotion présente en nous, nous pouvons l’accueillir :

  • En prenant le temps de respirer, de se poser, d’écouter ce qui se passe dans notre corps.
  • En identifiant le besoin ou la valeur qui a été touchée :
    • La peur nous indique un besoin d’être rassuré-e.
    • La colère indique un besoin d’être respecté-e.
    • La tristesse indique le besoin d’être consolé-e.
    • La joie indique le besoin d’être apprécié-e, aimé-e.
  • En vivant ce qui se passe en nous et en n’essayant pas de lutter ou de nier l’émotion.
  • En nous parlant et en parlant à l’émotion. On peut aussi lui donner un rdv à un autre moment : « Je te sens triste, je ne peux pas m’occuper de toi immédiatement, mais je prendrai le temps de t’écouter ce soir ».
  • En ne réagissant pas immédiatement (sous la colère surtout).

J’accueille les émotions sans jugement, sans chercher forcément à comprendre immédiatement. Je peux ressentir de la tristesse pendant quelques jours. Si je fais tout pour ne pas la ressentir, elle reviendra puissance 10. 

« C’est le mérite de la science, d’être exempte d’émotion. »

Oscar Wilde

3. Et après ? 

Une fois que nous avons écouté notre émotion, nous pouvons prendre du recul plus facilement pour agir et modifier notre comportement (exemple : poser des limites) et ainsi, nourrir notre besoin. L’idée est de faire des modifications de notre comportement et de nos limites progressivement, afin de nous rapprocher de ce qui est bon pour nous (et non ce qui est ‘bien’ pour la société).

Les émotions ne sont plus mes ennemies, mais au contraire, elles sont des alliées très proches. Je me sers de mes émotions pour découvrir quels sont mes besoins non satisfaits. Quelque chose me rend triste ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Je n’ai plus peur de traverser l’intensité d’une émotion. Je l’invite même à me traverser car elle ne reste pas une fois que j’ai compris le message qu’elle m’apportait. Le problème est que culturellement, on n’accorde pas beaucoup d’importance au fait de savoir décrypter ces messages. Ne pleure pas, sois forte! Tant que je n’aurai pas écouté mon émotion, elle reviendra et tapera chez moi de plus en plus fort jusqu’à parfois provoquer un problème de santé.

À force d’être à l’écoute de mes émotions, de façon fine, je n’ai plus de journées entières en mode down. Puisque je ne lutte pas, le message est clair de plus en plus rapidement. Je ne mets plus de drame derrière une émotion et je ne suis plus paralysée par elle (en mode « je ne peux rien faire car je ne me sens pas bien »).

Bénéfices d’une bonne écoute et gestion des émotions

Une bonne gestion des émotions présente de nombreux avantages:

  • moins de mental, plus de légèreté et d’énergie ;
  • sentiment de bien-être – hello sérénité ;
  • la fin de l’autoflagellation : non, je ne suis pas responsable des émotions de la terre entière ;
  • plus de clarté sur qui on est et ce que l’on veut ;
  • un passage à l’action plus rapide ;
  • un moment désagréable à court terme, pour une vie agréable à long terme.

Les émotions me permettent de me connaître, de me connecter à mon intuition, à mon plaisir et de faire des choix qui partent de moi et non des injonctions diverses. Résultat : je n’ai plus de regrets et j’assume mon authenticité. 

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Je te souhaite la bienvenue sur mon blog ! Je suis  Talina, hypersensible passionnée par les voyages, la mer, le développement personnel et en quête d’authenticité, de plaisir et de sérénité ! Je m’intéresse à tous les enjeux de la relation à l’autre et notamment la relation amoureuse mais aussi et surtout la relation avec soi. Comment gérer mes émotions d’hypersensible et devenir ma meilleure amie ?

 

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